La quatrième semaine du projet R.A.P s’achève, la fin de ce premier mois de travail coïncidant avec la fin du cycle de la lune. Une conclusion s’impose : le temps passe à toute allure, il ne reste déjà plus qu’un mois avant la première représentation. Cette quatrième semaine s’est déroulé sous le coup d’une grande fatigue pour la plupart des participants, et les professeurs ont évoqué le fait que cette semaine serait celle où les énergies de tous seraient les plus fragiles de par la fatigue physique accumulée. Ils ont par conséquent particulièrement insisté sur la nécessité que chacun prenne soin de lui, écoute son corps et se recentre de façon à optimiser son énergie et à ne pas la gaspiller inutilement.

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Le travail sur échasses s’est poursuivit en s’enrichissant d’une palette d’exercices techniques afin d’évaluer l’aisance des corps hauts perchés. Au programme petite randonnée sur gravier en pente douce, déplacement sans garder le regard rivé au sol, pas croisés, équilibres sur une jambe, techniques pour retrouver son équilibre, traversées avec pivots et changements de direction… Le plus grand ennemi sur échasses nous apprend t-on est la peur, qui ralentit voir paralyse, tandis que pour éviter la chute il faut au contraire accélérer le piétinement, poser le bout de ses échasses avec certitude afin de pouvoir retrouver son centre. La respiration constitue une aide précieuse dans ces moments de panique, inspirer par le nez en laissant l'air gonfler le ventre puis expirer par le nez en faisant vibrer l'expiration dans la fond de la gorge. Le cerveau semble alors se raccrocher à ce bruit et le corps se relâche tout en gagnant en concentration.

Le travail en aérien se poursuit dans une perspective de recherche sur les agrès, avec des consignes qui mettent à défi les routines techniques pré-établies afin de trouver un mouvement qui fait sens. Chaque classe commence par une montée collective à l'écoute sur les différents agrès, dans laquelle on cherche l'harmonie de l'ascension des corps qui doivent être mus par le centre et non seulement par la force des bras. Raconter une histoire tout en improvisant une série de mouvements en lien avec celle-ci permet également de donner une intensité différente au mouvement et de le faire respirer. Nous tentons également des montées aux agrès avec les objets sur lesquels nous travaillons en théâtre, afin d'observer en quoi ceux-ci modifient notre gestuelle habituelle et nous amènent vers de nouveaux chemins.

En théâtre physique après avoir abordée la notion de conflit, notre attention se porte à présent sur les objets et leur potentiel de tension. Premier exercice de la semaine: choisir un objet et le mettre en tension jusqu'à ce que celle-ci se rompe. La tension permet de captiver le spectateur et donne une intensité

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réel au corps de l'acteur. Parmi les propositions de jeux de tension avec objets par binôme on retrouve diverses propositions. Un duo en équilibre sur un pneu posé sur un banc, placés en contrepoids chacun d'un côté les deux partenaires le font rouler au fur et à mesure vers l'extrémité du banc. Une corde attachée à divers endroits et qui forme une sorte de toile d'araignée au sein de laquelle doivent se déplacer deux partenaires sans la toucher. On retrouve des jeux d'équilibres sur objets, avec objets... le champ d'investigation est immense!

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Il n'y a pas eu de cours de danse butô cette semaine mais on a pu assister à la présentation des premiers travaux individuels dans cette discipline. Tous les élèves ont proposé une chorégraphie de 5 minutes environ sur le thème « Mort et naissance d'un arbre ». Ceci a été l'occasion de découvrir les personnalités de chacun, travaux en extérieur, intérieur, sur agrès, corps peints, enduits d'argiles, avec ou sans musique... Suite à quoi, un travail de comparaison a été effectué par chacun concernant les origines du butô et les danses de Tatsumi Hijikata (http://www.youtube.com/watch?v=sCT3vp0Gu1o) et Kazuo Ohno (http://www.youtube.com/watch?v=ACms__4Y2mU). Si le premier est véritablement à l'origine des recherches qui aboutirent à la création de la danse butô, c'est néanmoins le second qui a réellement exporté le butô hors du Japon. Leurs travaux bien qu'ayant de nombreux points communs présentent cependant deux esthétiques différentes. Tous deux partageaient l'idée qu'ils ne pouvaient transmettre à leurs disciples une technique à proprement parler, mais les amener dans une certaines direction afin que chaque interprète trouve sa propre danse. Cela implique l'existence d'un butô ayant plusieurs visages, et reposant réellement sur le vécu de chaque interprète. Avec Tatsumi Hijikata, les élèves n'apprennent des mouvements mais réagissent à des stimulations sur l'instant. Quant à Kazuo Ohno il affirme que chaque élève doit trouver la propre tension qu'il entretient avec le cosmos.

Dans l'idée de nourrir le travail de création qui débutera dès la semaine prochaine, nous avons visionné deux films : « The fountain » de Daren Aronofsky, et « Cloud Atlas » de Lana et Andy Wachowski. Ces deux films soutiennent l'idée que l'être humain n'est pas un individu isolé dans le temps et le cosmos. Au contraire, il est relié à l'univers entier et il porte également en lui toute l'histoire de ses ancêtres qui lui ont pré-existé. La vie n'y est pas non plus définie comme une trajectoire linéaire qui terminerait abruptement avec la mort. La mort est une porte, une continuité... Cette idée est très présente dans la danse butô puisqu'en Asie la mort n'y est pas considérée comme en opposition à la vie. La mort fait partie d'un cycle perpétuellement recommencé et est grosse de vie à renaître: « On appelle vie ce fait d'avancer à chaque pas vers la mort (…). Vivre pleinement dans cette vie ou l'on est en train de mourir, c'est la voie de la vie pleine. » Noguchi Le dialogue du silence.

Par ailleurs plusieurs groupes se sont formés afin d'étudier le développement du projet R.A.P sous l'angle de plusieurs disciplines: la sociologie, la psychologie, la danse et le théâtre. Un autre travail en cours concerne la recherche du lien entre l'arbre et la culture. C'est à dire de quelle façon l'arbre a t'il pu être représenté et utilisé au fil des siècles par différentes cultures du monde entier. La création qui se prépare porte d'ores et déjà son nom: « L'arbre de Samaipata ».

entre frc et aspagnol

La cuarta semana del proyecto se acaba, y el final de este primer mes coincide con el fin de un ciclo lunar. Una conclusión se impone de inmediato: el tiempo fluye a toda velocidad, y nos queda tan solo un mes antes de la primer muestra. Esta cuarta semana transcurrió bajo el signo de una gran fatiga para la mayor parte de los alumnos. Hubo incluso advertencia de la parte de los profesores diciendo que ésta sería una semana de baja, donde las energías se encontrarían frágiles debido al cansancio acumulado. Subrayaron así la necesidad de cada uno de cuidarse, de escuchar a su cuerpo y recentrarse para optimizar la energia y no desperdiciarla inútilmente.

El trabajo en zancos se enriqueció con una nueva gama de ejercicios técnicos para consolidar las habilidades de los cuerpos en altura. En el programa : una caminata sobre piedras y terreno inclinado, desplazamientos sin mirar al suelo, pasos cruzados, equilibrios sobre una pierna, técnicas para recobrar el equilibrio, caminatas con giros y cambios de dirección.... Nos enseñan que el peor enemigo en los zancos es el miedo. De hecho el miedo frena, paraliza, mientras si uno corre el riesgo de caerse al contrario tiene que aumentar la velocidad con la cual los pies pisan el suelo y pisar el suelo con certidumbre para poder recuperar el centro. La respiración es una ayuda inmensa en estos momentos: hay que inspirar hondo por la nariz inflando la guata y expirar por la nariz dejando la expiración resonar en la garganta. Eso permite que el cerebro se quede atrapado en este ruido, y que el cuerpo se relaje ganando en concentración al mismo tiempo.

El trabajo aéreo sigue con la perspectiva de búsqueda en los aparatos, con consignas que desafían las rutinas técnicas pre-establecidas con el fin de encontrar un movimiento que tenga sentido. Cada clase empieza con una subida colectiva en los distinctos aparatos, donde se busca la armonia de la ascención de los cuerpos que tienen que moverse desde el centro y no solamente gracias a la fuerza de los brazos. Contar una historia mientras se improvisan una serie de movimientos que la acompañan, permite dar una intensidad distinta al movimiento y lo hace respirar. También intentamos subir a los aparatos con los objectos que trabajamos en teatro, para observar cómo ésos modifican nuestra gestualidad habitual llevandonos hacia nuevos caminos.

En teatro fisico, despues de haber estudiado la noción de conflicto, nos concentramos ahora sobre los objetos y su potencial de tensionalidad. Primer ejercicio de la semana: eligir un objecto y aplicarle una tensión para jugar con su desarollo hasta que se rompa. La tensión permite himnotizar al espectador y confiere una intensidad real al cuerpo del actor. Entre las proposiciones de los juegos de tensión con objetos que se realizarán en pareja hubo muchas propuestas distintas. Vimos un dúo en equilibro sobre una rueda sobre un banco, los actores haciendo contrapeso de cada lado de la rueda y con la meta de hacerla rodar hasta la extremidad del banco. Una cuerda atada en varios puntos creo una gran tela de araña en el medio de la cual una pareja tenía que circular si tocar a los hilos. Se encuentran juegos de equilibrios en los objetos, con los objetos... el campo de investigación es vasto!

No tuvimos buto esta semana, pero asistimos a la primera muestra de los trabajos individuales en la disciplina. Cada alumno tuvo que proponer una coreografia de 5 minutos sobre el tema « muerte y nacimiento de un árbol ». Fue la ocasión de descubrir las personalidades de cada uno, mirando trabajos en en exterior, en interior, en aparatos aéreos, con cuerpos pintados, cubiertos de tierra, con o sin musica... En seguida, se pidió hacer un trabaja de comparación con respecto al origen del buto y las danzas de Tatsumi Hijikata y Kazuo Ohno. Si el primero se encuentra al origen de las busquedas que llevarán a la creaciòn de la danza buto, es paradojalmente el segundo que exportó el buto fuera de Japon. Aunque sus trabajos tengan muchos puntos en común, se observan dos estéticas bien distintas. Sin embargo ambos compartían la idea que no podían transmitir una técnica a sus discipulos, sólo los podian acompañar en una cierta dirección para que cada intérprete encuentre su danza propia. Eso implica la existencia de un buto que tiene varias caras, y que se apoya verdaderamente sobre la experiencia de vida de cada intérprete. Con Tatsumi Hijikata, los alumnos no aprenden movimientos: reaccionan a estímulos de manera instantánea. Por su lado Kazuo Ohno afirma que cada alumno tiene que encontrar cómo él se relaciona con el cosmos.

Para nutrir el trabajo de creacion que comienza la próxima semana, vimos dos peliculas: « The fountain » de Daren Aronofsky, et « Cloud Atlas » de Lana et Andy Wachowski. Esas películas sostienen la idea que el ser humano no es un individuo aislado en el tiempo y en el cosmos. Por el contrario, está conectado al universo y lleva adentro suyo la historia de sus ancestros. La vida tampoco es definida como una trayectoria linear que terminaría, súbitamente, con la muerte. La muerte es una puerta, una continuidad... Esta idea también está muy ligada a la danza buto, entendiendo que en Asia la muerte no es considerada como opuesta a la vida. La muerte es parte de un ciclo que siempre recomienza y se encuentra cargado de vida esperando el momento para renacer: « Llamamos vida el hecho de avanzar a cada paso hacia la muerte (…). Vivir de lleno en esta vida donde estamos muriendo, eso es la via de la vida plena. » Noguchi El dialogo del silencio.

Por otra parte, varios grupos se formaron para estudiar el desarollo del proyecto R.A.P a través del prisma de varias disciplinas: la sociologia, la psicología, la danza y el teatro. Otro trabajo consistía en la bñusqueda de los vínculos entre arbol y cultura. Es decir de que manera el árbol pudo ser representado y utilizado a lo largo de los siglos por varios pueblos. La creación que se está construyento ya tiene nombre: « El arbol de Samaipata ».